Je préfèrerais qu’on ne me voie pas, qu’on ne me regarde pas. Je n’en peux plus de ceux qui veulent s’approprier mon être, qui veulent me comprendre au-delà de moi, me veulent malgré moi. Je ne le supporte pas ! Ils s’incrustent dans ma sphère, cherchent à interpréter mes phrases et mes non-dits, mes vêtements, mes bijoux, mes couleurs. Le moindre mot, le moindre regard est analysé, interprété, même si le mot est Stop, si le regard n’est pas de moi. Ils vont chercher là où n’y a rien, et trouvent quand même. Des monstres aux mille yeux à qui rien n’échappe, surtout ce qui est anodin, surtout ce qui est banal, tout est scanné, décortiqué, fouillé, ils ne s’arrêtent pas, même – surtout - quand ils dorment, c’est là qu’ils sont les pires, leurs rêves sont plus hantés que mes cauchemars, hantés par mille images que leurs yeux perçants ont presque vues, et c’est ça qui les ronge, les pousse à regarder encore, à déduire, les entraîne toujours plus loin dans leur observation vicieuse ! Mais si ça les ronge, autant que ça les tue, sinon moi, j’irai les leur crever, leurs mille yeux, leurs mille yeux !!!
16 mars 2009
4 mars 2009
1_Déni
Je n’aurais jamais cru qu’elle me regarderait comme ça. Mon Dieu, ce n’était pas n’importe quel regard ! Elle m’a regardé moi – moi ! Moi, la personne sous la silhouette, dans ce grand corps dégingandé, trop mince, mal foutu, moi, l’homme sous l’air d’ado mal mûri ! Il y avait dans ce regard tant de douceur, de compréhension, comme si elle regrettait que les autres s’arrêtent toujours à mon allure sans me regarder vraiment… Je comprends ce qu’elle a voulu dire, oui, c’est pareil pour elle, elle est trop belle, c’est ça que les gens regardent, jamais elle, jamais l’âme au fond du corps trop bien fait, sauf moi, toujours, c’est son âme que je vois quand je la regarde, chaque fois que je la regarde, et c’est pour ça que je la regarde souvent, je suis le seul à la regarder comme elle espère ! Et elle le sait, c’est tout ça qu’il y avait dans son regard ! Elle m’a remercié !
Il y a encore ce gars qui m’a dévisagée. Je lui ai décoché un regard genre T’es repéré mais ça suffit pas, c’est pire même, je le croise de plus en plus souvent. Je crois qu’il me suit.
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Il y a encore ce gars qui m’a dévisagée. Je lui ai décoché un regard genre T’es repéré mais ça suffit pas, c’est pire même, je le croise de plus en plus souvent. Je crois qu’il me suit.
200 mots ? Chiche.
Je me suis imposé un petit défi, pour le fun, pour voir si je saurais sortir un peu de mes sentiers battus, juste pour voir si j'étais cap' : écrire 5 textes d'exactement 200 mots chacun, avec un sujet imposé pour chaque mais un lien entre les sujets. Je me suis quand même gardé une liberté dans cette épreuve difficile : le choix des sujets. Pour faire plus sympathique, j'ai choisi les 5 étapes du deuil : déni, colère, marchandage, tristesse, acceptation. Ça donne un peu tout et n'importe quoi, et en fait plutôt n'importe quoi... Oui, c'est ça que j'aime bien.
Voilà le résultat. Bientôt, en tout cas...
Voilà le résultat. Bientôt, en tout cas...
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