8 avril 2009

3_Marchandage

J’erre depuis tout ce temps, deux milliers d’ans peut-être, et cela va durer toujours. Je suis celui qui ne peut mourir. C’est ma peine, mon châtiment éternel, mon insupportable récompense. Quelle récompense pour le sacrifice que j’ai consenti, pour la plus horrible des trahisons, pour ce baiser de mort ! N’ai-je pas suffisamment payé à présent ? Ne peux-Tu mettre fin à ma souffrance, à cette mort qui me suis partout mais ne veut pas de moi ? Oui, j’ai eu la terrible faiblesse d’accepter Ton marché, mais Toi, Toi ! Tu t’es servi de moi et Tu ne me regardes plus ! Alors qu’il était écrit qu’il devait en être ainsi, alors même que c’est Toi qui écris ce qui doit être ! Tu voulais sacrifier une âme pour ton avènement ! Tu te dis Amour et tu joues avec les êtres pour assurer Ton règne, mais qu’es-tu !? Tu aurais pu me laisser mourir à cette corde, car les suicidés perdent leur âme en Enfer, cela n’aurait-il pu suffire ? Pourquoi ce châtiment, pour une mort que tu as Toi-même orchestrée ! Dieu ! N’entends-tu pas ma voix !? Je suis toujours là, moi, l’Iscariote, entends-moi !!!

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