Il est six heures.
Il est six heures, ça veut dire qu’elle
doit sortir de sa douche, là, maintenant. La peau humide, les joues rougies.
Belle à mourir. Elle va se sécher, se faire belle alors qu’elle l’est déjà,
tout ça pour moi dans une heure au café de la première fois.
Alors qu’elle sait déjà. Elle sait. Je sais
qu’elle sait. J’ai dit ce qu’il fallait pour ça… Il faut que je te parle.
Crayon noir en main devant le miroir embué,
pourquoi est-ce qu’elle joue encore ? Est-ce qu’elle essaie d’oublier
qu’elle a la gorge serrée ? Elle met autant d’application que pour le
premier soir, dans le même café ; elle peint, colore, dessine ses yeux
qu’elle sait qu’elle brouillera tout à l’heure en noyant son œuvre. C’est
peut-être pour ça qu’elle y met tant de soin, pour révéler les dégâts que je
ferai bientôt plus profondément, là où ça ne se voit pas.
Je sais. Le cœur me serre, j’en ai mal à
l’âme.
Il est six heures.
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